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Le mariage pour tous, vu de l’autre rive de la méditerranée

mariage gayIls sont venus, ils sont tous là, pas pour voir la Mama moribonde d’Aznavour mais pour protester afin que chaque enfant aie le droit d’avoir une maman et un papa. 350 000 selon la police et 800 000 à 1 million selon les organisateurs. Sont-ils des ringards comme l’a souligné le président de l’assemblée nationale qui renient à des compatriote le droit d’institutionnaliser leur amour? Ou juste des gens de convictions qui croient en la suprématie de la valeur famille et de la préservation de la filiation ?
En tous cas, de ce coté de la méditerranée, nous suivons avec intérêt ce débat sociétale qui risquerait un jour de naviguer vers nous, en décortiquant les complexités, les incohérences, et les antagonismes qui compliquent toute prise de position, jugement de valeur, ou arbitrage. Les protagonistes recherchent des légitimités à leurs arguments en implorant l’aide d’experts, de sociologues et de psychologues pour mettre le sceau suprême de la vérité sur leur version.
Ce qui m’a marqué le plus c’est l’abstention stricte des antis mariage-gay d’avancer tout argument à consonance religieuse, même de la part des communautés catholiques, musulmanes ou juives. L’argument le plus récurent est le droit de l’enfant d’avoir un père et une mère ce qui est plus d’ordre philosophique, La hantise de maux sociaux que pourrait engendrer la procréation médicalement assistée ou la gestation pour autrui renforce leur mobilisation. Il est vrai que la structure de la cellule familiale pourrait totalement se métamorphoser, d’abord en substituant la notion de père et de mère par parent1 et parent 2 et surtout en révolutionnant le modèle de procréation qui ne serait plus de pratiquer l’amour mais de confectionner un bébé dans les éprouvettes, ou dans le ventre d’une tierce personne n’ayant rien à voir avec le couple. Qu’est ce qui pourrait empêcher des couples de femmes de vouloir créer un bébé de la jonction de leurs deux ovules (cas demandé à un médecin) pour en être réellement les deux mères ? Une insémination artificielle avec deux spermatozoïdes pour engendre des faux jumeaux pour les pères, en s’allouant les services d’une femme qui louerait son ventre ? Et si ces inséminations artificielles deviennent une tendance branchée ou les femmes gays ouvrent la voie à une mode pour les femmes hétéros pour une procréation qui neutralise le rôle de l’homme et le remplace par la banque de sperme ? Toute la philosophie de l’existence telle qu’elle a été vécue tout au long de l’histoire en serait menacée, alors pour riposter il se pourrait que l’homme subvienne à son instinct de procréation par le clonage.
Néanmoins, comment dans une société pluraliste et de droits des individus peut-on censurer le droit à l’institutionnalisation de l’amour ? Comment peut-on refuser aux uns ce qu’on autorise aux autres, rien que pour leurs orientations sexuelles ? Surtout qu’aucune étude ne permet d’affirmer que les enfants élevés au sein de couples d’homosexuels sont moins aimés ou moins bien éduqués que ceux de couples hétéros. Et que l’ambiance d’éducation s’apparente à celle des familles recomposées ou des familles ou célibataires qui ont eu recours à l’adoption dont jonchent la république française.
A mon avis (qui n’engage que ma personne et non la culture dont je viens), les antis mariage-gay ne peuvent que perdre la bataille, car le modèle de société choisi par la république ne peut leur permettre d’assoir leur thèse. Le peuple français a déjà tranché en faveur d’un modèle de société se basant sur la liberté de choisir que celui se basant sur la morale. La définition de l’étique en devient individuelle et délègue ainsi le droit aux individus de fixer leur propres limites. Censurer ce droit, ne serait ce que pour une minorité , mettrait à genoux tous le système moderniste et laïque de la république dont la devise n’est autre que "liberté, égalité, fraternité"  puisqu’il étouffe la liberté d’une composante de ses citoyens, ne les considérant pas égaux aux autres, en fermant devant eux les portes de l’institution du mariage, dynamitant à jamais tout espoir de fraternité. La position moraliste des antis loi-Tobiera ne fait pas le poids devant le droit constitutionnel des citoyens à accéder aux institutions, et doivent par conséquent respecter le modèle pour lequel ils ont opté, et qui leur interdit de s’immiscer dans la vie intime des autres ou de jouer les tuteurs pour arbitrer leur choix. Leur pression aboutirait seulement à la prise de conscience des dérives auxquelles peut emmener un tel choix et d’appeler à l’esprit de responsabilité et de retenue chez les couples gay pour ne pas tenter le malin en jouant aux Docteur Frankenstein, sans pour autant leur enlever le droit souverain de cette prise de décision. Ceci étant, je n’arrive pas à comprendre cette oppression contre les croyants qui doivent obligatoirement dissimuler leur appartenance religieuse et les signes de leur foi pour que leurs arguments soient écoutés, comme si la république devient sourde à Jésus christ alors qu’elle retrouve l’oreille musicale pour un Montaigne ou un Verlaine. Or dans la république, chacun doit avoir le droit de s’identifier au dogme de son choix et de pouvoir l’exprimer au nom de la toute sainte liberté d’expression.
De ce coté de la méditerranée, nous avons plutôt opté pour le modèle moraliste de la société ce qui pourrait nous dispenser de toute cette querelle, et nous protéger des dérives effrayantes auxquels elle pourrait aboutir. Mais cela engendre une gestion d’une partie de nos contradictions par le non-dit, une marginalisation affreuse et offensante d’une partie des concitoyens, une politique de l’autruche qui permettrait de tolérer des exactions à la sainte morale et d’éviter une oppression totalitaire de libertés coupables afin de préserver une certaine paix sociale. D’ailleurs le plus grand défi de la société moraliste et de trouver à qui déléguer le droit de décider de la morale. Laissons germer les deux modèles de sociétés, peut être que dans quelques décennies, nous pourrions les départager en déclarant l’un d’eux gagnant. En attendant, respectons le droit de chaque peuple à choisir le modèle qui lui convient.

Bassim KHABER

Bassim KHABER

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Le bénévolat, ce moteur de croissance qui monte en force.

anfgouS’il existe des signes qui boostent l’optimisme quant à l’avenir de notre pays, l a montée en flèche des initiatives bénévoles en serait la plus réjouissantes. Cette société civile qui se mobilise pour prendre en main son destin sans attendre  qu’on lui donne, ces  femmes et hommes qui fournissent un travail sans demander salaire sont une aubaine pour l’économie nationale que les indicateurs économiques négligent.

En effet, un indicateur comme le PIB omet la valeur ajoutée issue du travail bénévole ne rentrant pas dans le cycle de production qu’il mesure, néanmoins l’impact du bénévolat sur la croissance économique est avéré. C’est une masse de travail qui crée toute une dynamique permettant le développement d’un ensemble d’agents économiques en parallèle, la synergie qui en sort crée un climat de confiance et dope la vitesse des échanges.

Prenons à titre d’exemple l’opération  « voyage d’espoir » que conduit une jeune journaliste d’un magazine féminin auprès de la population d’Anfgou pour mesurer l’effet d’émulation que créent de tels initiatives. Un ensemble d’effets économiques positifs d’une action simple émanant d’un devoir de solidarité est à mettre en lumière.

1-      la promotion ponctuelle de la consommation : la consommation interne étant l’un des moteurs forts de la croissance, l’achat de plus de 5000 couvertures en plus des denrées alimentaires génèrent un revenu et crée des journées de travail chez les fournisseurs.

2-      Le transfert de revenus : les aides faisant le déplacement de la cité vers la province, crée un circuit de transfert de biens et de fonds permettant aux valeurs qui sont thésaurisés dans la ville et par conséquent sorti du circuit économique à réintégrer ledit circuit en se trouvant une utilisation utile.

3-      La sédentarisation des populations et la promotion de l’enseignement : surement l’une des grandes valeurs ajoutées et investissements pour un développement local durable dans le futur. Permettant à terme, la prise en charge du patelin par des autochtones.

4-      La notoriété : effet dont bénéficie la destination de l’opération qui maintenant est référencée comme zone sinistrée et attire plus d’aides et d’opérations de solidarité sans avoir à investir dans une sorte de promotion. Effet aussi dont bénéficie les auteurs de l’opération pour d’éventuelles opérations à venir.

5-      Le réseautage : des circuits se construisent suite au lancement d’une telle initiative qui permettent plus d’efficacité et d’efficience pour réaliser les objectifs fixés ; mais au delà, ce sont des réseaux qui permettent un partage culturel et humain et peuvent aboutir à la mise en place de projets économiques en assemblant des femmes et hommes à capitaux avec des femmes et hommes à idées.

6-      Le benchmark et la polénisation : une telle initiative inspire dans son sillage un ensemble d’initiatives sœurs poussant les citoyens à plus d’action en ayant un modèle prédéfini et efficace.

Ceci étant, l’évidence même c’est qu’il y’a un prix à payer pour amorcer cette dynamique, certaines réunions de bénévoles peuvent se terminer très tard la nuit, certaines vies privées chamboulées, certaines déceptions suite à des promesses non tenus, certains désertements de dernières minutes, peuvent altérer le moral des bénévoles. Mais pour les convaincus, le plaisir de contempler un sourire, de rétablir tant que possible une certaine équité, de trouver un délicieux sommeil en rentrant le corps fatigué d’une journée pleines d’émotions et d’échange  mais la conscience apaisée pour avoir œuvré pour le bien de son prochain.

Il faudrait juste créer des structures d’aide et de promotion du bénévolat dont le but est de profiter de chaque petite heure offerte par un citoyen, l’orienter vers les activités qui l’intéressent et ou il serait plus épanouit sans lui assigner le parcours du combattant et le pèlerinage entre administrations pour effectuer la moindre petite opération.  Seule une capitalisation de ces réseaux qui se forment et de cette confiance qui s’installe peut soutenir toute l’activité économique. Consolider un acquis pour construire dessus au lieu de reconstruire à chaque fois à zéro. Il faudrait qu’on apprenne plus à travailler en communauté, faire confiance, et passer le relais à d’autres qui veulent bien faire. Ce ne sera que pour le bien de notre pays, et par conséquent de nos enfants.

Bassim KHABER

Bassim KHABER

 

NB : ce billet est inspiré et dédicacé à l’opération « Voyage d’espoir » qui aura lieu le 12 et 13 janvier 2013 à Anfgou. Une initiative qui mérite encouragement et applaudissement pour le dévouement et le sacrifice de ses bénévoles.

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Les Berrada ou la peopolisation de la mort

coloradoJe voudrais commencer mon billet par présenter mes condoléances à la famille du défunt ainsi qu’à la grande famille de l’aventure familiale qu’est la marque Colorado. Néanmoins, j’avoue être perplexe devant la frénésie que connaissent le net et les journaux en publiant toutes les photos de familles disponibles ou à décrocher des murs "virtuels comme réels ".

Au delà de l’émotion et de la solidarité que peut engendrer une mort aussi tragique,  je trouve que dans les différents commentaires, messages et publications il existe une sorte de compétition pour paraitre le plus touché, le plus solidaire voir le plus proche de la famille. Un aspect scandaleux et morbide de frime s’installe en se targuant d’avoir un crash d’avion de nationalité marocaine. Comme si finalement, nous avons eu notre Aliyah à nous, morte dans des conditions similaires et restée dans la postérité suite aux conditions de son décès.

S’il faut se rappeler du défunt, c’est plutôt pour son œuvre dans sa vie qu’aux conditions de son décès. La famille de Farid Berrada ne diffère pas des familles décédées à Tichka, à Essaouira ou dans les routes du Maroc, par contre l’œuvre de l’homme, successeur de son père, est inédite  en faisant de cette marque un fleuron de l’industrie marocaine et en nourrissant chaque jour, des milliers de foyers en leur permettant de gagner leur vie décemment. Rendre hommage à l’homme passerait inévitablement par rendre hommage à son œuvre au lieu d’exhiber  une vie de famille et une intimité.

Je crois qu’il est temps de laisser ses proches faire leur deuil, au lieu de remuer la plaie à chaque fois en publiant de nouvelles captures d’un sourire ou d’une joie que ne reverront plus jamais la famille du défunt. Le respect de leur douleur passerait surement par le respect de leur intimité en laissant les photos de famille appartenir exclusivement à la famille. Contentons nous de sa vie publique et de son œuvre pour lui rendre le vrai hommage. D’ailleurs, chaque salaire versé par son entreprise à un de ses salariés reste à mes yeux le plus solennel des hommages pour ce grand monsieur qui a su gagner ses titres de noblesses à l’image de son père, feu Maitre Mohammed Berrada.

C’est la raison pour laquelle je mets en avant plutôt l’image de sa marque que celle de sa petite famille.

Nous sommes à dieu, et à lui nous retournons.

Bassim KHABER

Bassim KHABER

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Frénésie meurtrière des routes, existe-t-il des solutions ?

En ces tristes moments de deuil, très difficile d’avoir l’objectivité et le recul nécessaires pour analyser l’hécatombe que connaissent les routes de notre pays. Une rage qui nous gangrène l’esprit et nous pousse à trouver un coupable à blâmer, un responsable à lyncher, cherche échappatoire à cette pression de dégouts et d’amertume qui nous étouffe. Un sentiment d’incapacité, voir d’invalidité à contrecarrer ce phénomène nous rends plus agressifs, recherchant à réagir, sans savoir quoi faire ni comment le faire, juste trouver comment embaumer et calmer cette crise de conscience qui nous démange et pourrit notre sommeil, ne serait ce que par la demande de décréter trois jours de deuil en hommage aux défunts.
Et si ce deuil pourrait nous faire méditer sur la valeur des vies humaines, il n’en demeure pas moins inefficace à stopper cette hémorragie et à trouver des solutions idoines pour des routes plus sécurisés, ce qui nous incombe (nous citoyens de ce pays heureux malheureux) toujours la responsabilité d’analyser les causes, de partager les responsabilités et de proposer des solutions.
L’analyse doit commencer par la décortication des statistiques des causes des accidents de la route, ou l’erreur humaine est à presque 80% de l’ensemble des causes. Car aucun règlement ne pourrait empêcher un chauffard de doubler dans une descente en pleine route montagneuse si ce n’est sa propre conscience. Savoir partager à juste mesure la responsabilité entre, l’infrastructure routière, les autorités de contrôles (ministère de l’équipement pour le contrôle mécanique, et l’intérieur pour les contrôles routiers), les propriétaires de véhicules (transport publique de voyageurs) et les chauffeurs, permettrait d’identifier des solutions ayant un impact perceptible après un délai déterminé sur la cadence des accidents au Maroc.
1- l’infrastructure routière :
Sur ce point le Maroc a réalisé de bons points sur les deux dernières décennies. L’extension du réseau d’autoroutes à plus de 1400 km dont le tronçon Agadir-Marrakech qui avait la réputation de la route la plus meurtrière du Maroc, le triplement de voies entre Rabat et Casablanca, l’ouverture de la rocade méditerranéenne reliant Tanger à Saidiya, l’élargissement de la route Fes-Marrakech, sont à mettre à l’actif des gouvernements successifs. Néanmoins, il faudrait maintenir la cadence pour concrétiser des projets comme les tronçons d’autoroutes de Berrechid-Beni Mellal, ou Eljadida-Safi. Développer et entretenir l’infrastructure des routes nationales à l’image de l’excellent réseau routier de l’orientale ( Saidia, Oujda, Berkane, Taourirte) et entretenir les signalisations en prévoyant des zones d’arrêts en catastrophe surtout dans les zones montagneuses. Ceci équivaut à une budgétisation permanente d’investissements routiers et de budgets d’entretiens qui doivent être supportés par l’état, et par conséquent par le contribuable.
2- Le contrôle des véhicules et des conducteurs
L’évolution de la rigueur connus par les centre de visite technique est à saluer, la comparaison entre l’état de ces centres y’a une dizaine d’années et aujourd’hui montre le long chemin parcouru par ces centres qui traitent de l’information en réseau et signalent en temps réelles à tous les autres centres les carences liés à un véhicule avec son immatriculation comme identifiant. La traçabilité que permettent ces centres à travers l’identification du centre de visite, de l’agent contrôleur et des tests encourus par le véhicule facilitent le contrôle et les enquêtes des autorités par la suite. Il est vrai que la corruption existe encore, mais les conditions de traçabilité la rendent de plus en plus risqués en cas de pépin. Mais le contrôle doit aussi se faire dans les gares routières et au niveau de l’habilité des conducteurs dans le cas des TPV (Transports publiques de voyageurs). Un suivi et une traçabilité du rendement d’un conducteur serait aussi intéressant que celui du véhicule, et surtout dissuasif pour des prises de risques inconséquentes.
3- les cahiers de charges des TPV (convention état-transporteurs)
Organiser le métier du transport public de voyageurs devient une priorité. La publication des listes des agréments est à saluer mais n’est pas du tout suffisant. Les porteurs de ses agréments doivent respecter des normes bien spécifiées quant aux conditions mécaniques et ergonomiques du véhicule, la formation et le suivi des conducteurs, et les conditions d’exploitation de la ligne agrémentée et de respect de la réglementation (entrée obligatoire dans les gares routières pour transporter des passagers). Les cahiers de charges seront le référentiel de base pour réprimander ou châtier les contrevenants. Il faudrait penser à des systèmes de mouchards et de suivis GPS pour les véhicules de transports permettant de tracer les pointes de vitesses et les différents arrêts pendant tout les trajets afin d’avoir une traçabilité sur le comportement du chauffeur et de son graisseur lors de leurs déplacement.
Ceci étant, il faut prendre en considération que cette série de contraintes engendrent un cout sur les exploitants de lignes, ledit cout qui devrait se répercuter sur le prix du billet à la vente afin de préserver la rentabilité de la ligne. Pour certaines lignes aucune répercutions des couts ne peut permettre d’arriver à cette rentabilité, d’où le besoin d’une subvention de l’état (en exonérations, ou en services, ou en exclusivité) afin de préserver le désenclavement de certaines régions. Mais est ce que l’utilisateur de ces lignes acceptera de payer la différence de prix en contrepartie de sa propre sécurité ? Ou sortira-t-il en manifestations pour protester contre la hausse vertigineuse des prix ?
4- la sensibilisation des conducteurs
On a longtemps pensé que les conditions d’octroi des permis de conduire sont la condition majeure des accidents de la route, or l’analyse est valable pour les dégâts matériels, et pas du tous valable pour les dégâts corporels (étant assureur de métier, j’en connais quelque chose), surtout les mortels d’entre eux, ou la plus parts des conducteurs concernés sont chevronnés. Il est inconcevable de retrouver encore des accidents mortels dans les autoroutes ou l’infrastructure garantit un minimum de sécurité ou en plein ville. Le constat est que les accidents sont dues non à une méconnaissance de la conduite ou de la signalisation, mais à une infraction préméditée et consciente du code de la route suite à une sur-confiance en ses capacités de chauffeur pouvant trouver solutions à toutes les contraintes et conditions de la route ainsi qu’à une prise de risque énorme pour assouvir ses besoins de sensations extrêmes et de plaisir au danger. Aucune réglementation, aucun contrôle, aucun châtiment ne pourraient jouer le rôle que jouerait la sensibilisation continue. Des séances adaptées aux délinquants de route, aux chauffards, aux récidivistes, doivent être programmés à coté des privations et des retraits de points. Des travaux d’intérêts généraux doivent être imposés pour développer de l’empathie chez ces gens là et une conscience de la vie en commun. Ceci étant, il faudrait aussi s’attendre à des gréves et des mouvements de résistance des chauffeurs qui verront qu’ils seront les premiers à payer pour l’effort générale de prévention. Et demanderont une éventuelle indemnisation pour la prise de risque, et pour le stress fait par les exploitants demandant d’eux plus de rentabilité et de ponctualité pour les lignes, avec des charges et des horaires de travail presque insupportables.
5- Police et gendarmerie
Le rôle de ses autorités et primordiale dans la prévention routière. Alors comptant toujours sur leur conscience professionnelle, on pourrait imaginer qu’ils aient l’obligation d’afficher leur nom et matricules sur leurs uniformes. Et d’imaginer un système connecté et intégré de récoltes de contraventions permettant d’encaisser avec traçabilité instantané les contraventions des infractions, comme aujourd’hui, les agents de la Lydec ou de l’ONCF peuvent encaisser hors guichet les paiements. Cela permettrait à l’état de sécuriser plus la récolte de ses contraventions qui vont directement aux CNPAC pour qu’il puisse investir encore plus dans la prévention routière. Ce qui engendrerait l’investissement dans de petits boitiers d’encaissement connectés au réseau.

Il faut être conscient que l’ensemble de ces mesures ne pourraient garantir l’élimination complète des accidents mortels, mais au moins d’en minimiser le risque et par conséquent la fréquence. Chercher des boucs émissaires de temps à autres pour soulager sa conscience est une perpétuité de la politique de l’autruche qui ne fait que passer un peu de peinture sur du fer rouillé. Il faut se rendre à l’évidence que la prévention routière a un cout, à nous de décider de le payer en argent, ou en vie humaines. A méditer !

Bassim KHABER

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Réponse à Sanaa ElAji : la laïcité est UNE solution, pas LA solution

Je me permettrai lors de cet article l’exercice de m’opposer à une amie dont je respecte l’engagement, le militantisme et surtout son remarquable franc-parler, il ne s’agit nullement de donner des leçons ou d’imposer des vérités, mais d’échanger des points de vues et de nous éclaircir mutuellement à travers de l’argumentation, et de l’ouverture d’esprit. N’est ce pas Voltaire qui scandait que de la discussion jaillit la lumière.

Les peuples ont toujours été régis selon des normes émanant de leurs propres cultures, ces modèles de vies provenaient d’une combinaison de consensus et de concessions. Mais au fur et à mesure que des déréglages s’effectuaient rendant le pacte social déséquilibrée en avantageant des minorités vis-à-vis de majorités (parfois le contraire), la recherche d’un nouveau modèle devient une nécessité, car à défaut,  la paix sociale ne pourrait s’établir, et la graine des turbulences sociale trouve terroir. Alors on se laisse polényser par les cultures et civilisations qui nous sont proches en espérant de trouver la recette magique. Du coup, un tour d’analyse de l’ensemble de ces cultures s’impose.

Lorsque Aristide Briand fit voter la loi se séparation de l’église et de l’état en 1905, c’était en continuation d’un long processus qui commence depuis la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et du régime du concordat instauré par Napoléon en 1801. Le principe est que l’État n’intervient pas dans la religion du citoyen, pas plus que la religion n’intervient dans le fonctionnement de l’État, en ce sens, l’état se devait de faire un inventaire de tous  les biens de l’église, ce qui ne pouvait se passer sans conflits virulents.   Cet épisode de tension va durer jusqu’à l’accord de 1924 entre le pape Pie XI et la république pour la création des associations diocésaines. Cette loi a pu voir le jour après une profonde mutation de la société française durant tout le 19 éme siècle, avec une population française de moins en moins religieuse (loi vigoureusement contesté par les catholiques), avec une assemblée nationale  faite de majorité de progressiste issu pour un bon nombre de l’association nationale des libres penseurs, et surtout après le traumatisme de l’affaire Dreyfus qui a mis la France à genoux devant ses propres contradictions. Pour les français c’était la solution pour le maux qui les rangeaient , et pour ça ils avaient un interlocuteur en face pour lui déléguer la gestion de la chose religieuse qui est l’église. Ladite église qui a son propre budget, ses propres biens, sa propre hiérarchie et organisation qui lui permettait de couvrir plus de 68 000 sanctuaires à travers tous le pays, et qui de plus avaient le droit de recevoir des legs et des donations.

Alors si on constate la difficulté de faire passer une telle loi et la faire accepter par une société qui a élu des progressistes adeptes de la suprématie de la seule pensée qui n’ont pour religion que la raison, comment cela devrait se passer  dans un pays qui vient d’élire le quart de ses élus d’un parti avec une référence religieuse, secondé en deuxième position par un parti conservateur ?  La question de la maturité de la société devrait se poser quant à l’assimilation des principes de la laïcité, et le cout à payer en termes de tiraillement social et bipolarisation de la société devrait être calculé.

Les défenseurs de la laïcité doivent avant tout, trouver les arguments qu’a pu trouver un Jules Ferry, un Ferdinand Buisson, ou un Jean Jaurès  pour se faire élire à l’assemblée. L’adhésion du peuple à leurs idéaux et la seule garantie de son éventuel succès, et pour cela, ils doivent d’abord répondre aux réels défis de réorganisation de la scène cultuelle au Maroc. Si l’état se désengage du champ religieux, à qui sera déléguée la gestion de plus de 40 000 mosquées dans le royaume ? Aux Imams personnes physiques ? À des confréries et Zaouias ? Ou à des associations religieuses, auquel cas il faut reformer la loi sur les associations. Et ces imams qui dépendent du ministère pour un salaire si maigre soit il, et une couverture médicale, qui s’occuperait de leurs verser leurs pension en l’absence d’une organisation globale comme le rôle que joue l’église catholique en Europe ? Sommes-nous prêts à subir une prolifération de Fatwas et d’exégèses  qui vont tomber sous le giron de la sainte liberté du culte et d’expression, ou un messie tel que Khouar Boumediene , le célèbre Mehdi lmountadar de Taourirt a tout a fait le droit de créer sa nouvelle religion et d’exercer ses rituels ? Pouvons-nous faire un inventaire des biens des Zaouias, comme la Boutchichias, la Tijania ou La Derqawia sans que cela ne mène à une grande résistance populaire et politique ?  À qui on va léguer la gestion des Waqfs qui sont des donations et legs octroyés par les ancêtres à la population musulmane qui leur succédera ?  A-t-on l’arsenal juridique nécessaire pour gérer le passage des responsabilités que nous incombe l’Etat religieux aux responsabilités purement civiles, tels que les pensions et assistance sociale pour les personnes âgées dont les enfants n’auront plus l’obligation de s’en occuper, la couverture médicale pour les mères célibataires, les allocations de chômages et allocations familiales pour jeunes couples hors de l’institution du mariage ?  Autant de questions relatant la difficulté de transposer le modèle Français à une réalité marocaine préexistante.

Cependant, la laïcité à la française n’est pas un modèle unique, on pourrait s’inspirer de modèles turcs, modèle ayant été établi par le despotisme d’Ata Turk et qui a aboutit dans un premier temps à la concentration des pouvoirs et des richesses chez l’armée avant que le retour des islamistes au pouvoir ne sauve le pays de la faillite qui le menaçait dans les années 90, ou le modèle indien qui tendait à préserver l’unité du pays tant bien que mal, et que seul une croissance économique vertigineuse a pu calmer les ardeurs, ou peut être une laïcité à l’américaine ou on pourrait usuellement faire référence à dieu sans pour autant subventionner d’écoles religieuses ou de couver une église. On peut aussi essayer des systèmes séculiers comme celui de l’Allemagne ou l’Autriche ou Dieu est référencé dans la constitution  et qui récoltent un impôt ecclésiastique  « Kirchenbeitrag » au profit de l’église tout en instaurant une séparation des églises et de l’Etat. Ou peut être le modèle Britannique (celui que j’affectionne le plus parmi les modèles occidentaux), Monarchie aussi séculière que la monarchie marocaine, ou la reine est à la tète de l’église anglicane, qui n’est pas moins un modèle de tolérance et de modernisme que le modèle français.

Seule une simulation sur ce que devrait vivre la société comme changements ou turbulences sur une période déterminée après l’instauration d’un modèle de laïcité pourrait convaincre ou dissuader. Notre combat, chère Sanaa, est de résister à ceux qui veulent imposer leurs dogmes et leurs doctrines hors concurrence démocratique, et hors argumentation et sans recherche de soutien et d’approbation populaire, de quel bord que ce soit. Et qui essaient par paternalisme intellectuel ou dogmatique d’instaurer des systèmes  non adoptés par une majorité populaire.

Il ne s’agit pas de décréter mais de convaincre,  travailler la mutation de la société à travers la culture,  la connaissance et le partage de décision.

En attendant, il faut respecter le verdict de la majorité, car le jour ou ça basculera, ce serait à cette éventuelle ancienne majorité de respecter le verdict de ceux qui ont pu convaincre

Tel est la loi de la démocratie, qui à ce jour reste le meilleur modèle connu pour instaurer la paix sociale, Ainsi soit il.

NB: Vous trouverez en dessous le lien vers l’excellent article de Sanaa ElAji

http://www.panoramaroc.ma/fr/la-laicite-voila-la-vraie-solution-par-sanaa-el-aji/

Bassim KHABER

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Hypocrisie marocaine, notre salut commun !

Le combat de coqs continue dans une arène qui résiste obstinément aux efforts de réconciliation populaire.   On ne peut plus arrêter ce jeu de provocation gratuite, réaction démesurée,  frange outragée par la réaction, puis frange dénonçant la provocation initiale. On sent que les coqs n’ont de plaisir que dans l’arène, comme un certain Rocky Balboa qui voit sa vie bousillé et se trouve incompris par les siens et ne retrouve la joie de vivre et l’estime de ses compères qu’une fois de retour sur le ring. Alors nous comprenons que ces protagonistes ont peur de ne plus exister et que tant que le ring est encordé, ils auront le vent en poupe de part et d’autres.

Comment peut on expliquer cette déferlante de doléances concernant la liberté sexuelle, le droit des homosexuels, le droit de consommation publique d’alcool, l’abolition de la polygamie, à un gouvernement issu d’une idéologie conservatrice, alors qu’on était clément avec des gouvernements plus progressistes qui n’ont jamais eu le courage de le proposer ? L’odeur pestiférée et nauséabonde de la provocation et de l’utilisation d’idéaux nobles pour des combats politiques commence à se faire sentir. Cette odeur qui donne de l’ampleur et de l’aliment à des êtres marginaux pour s’accaparer la une aux titres des journaux en se proposant défenseurs de la nation contre l’invasion occidentale et chevaliers au nom du sacro-saint  pour anéantir l’hérésie galopante.

La conséquence de ce pugilat  médiatique est exactement le contraire de son objectif initial, alors que les homosexuels jouissaient d’une tolérance inégalé dans le monde arabo-musulman, il se verront de plus en plus persécuté par les fanatismes provoqués, alors que la liberté sexuelle est un fait, et que tout le monde en jouit devant des autorités qui s’arrangent à faire la politique des trois singes devant ce phénomène,  on s’acharne à vouloir légiférer, imposer son modèle de vie et de pensée à l’autre, penser en système biennale ou lorsque tu n’es pas moi, tu es forcément l’autre. Cette dualité leur permettant d’être en haut des charts, leur procurant les plaisirs de la médiatisation, si éphémères soit ils, devient un fonds de commerce. Ils se rangent les doigts quand l’autre partie devient plus réconciliante de peur de n’avoir plus de place sous les feux de la rampe et se voir oublié par la foule qui acclamait leur héroïsme et leur courage.

En m’attardant à analyser les deux fractions (progressistes modernistes, et conservatrices islamistes) je me suis rendu compte qu’en résumant leur doléance on trouvera qu’ils demandent exactement la même chose tous les deux. « En finir avec l’hypocrisie sociale »  sauf que les solutions proposées sont diamétralement opposées. Une fraction préconise l’individualisme et les libertés y afférente comme unique religion, et l’autre préconise son dogme religieux statique comme unique racine.

Je vous annonce chers progressistes et chers conservateurs, qu’en finir avec l’hypocrisie sociale c’est en finir avec la paix sociale, dresser les citoyens les uns contre les autres pour des doléances qu’ils n’ont pas demandé ou dont ils jouissent déjà est juste une illusion de militantisme. En ce titre, je me considère hypocrite, grand hypocrite même, moi qui en voyant une grosse en surpoids  je salue ses rondeurs et sa féminité, moi qui en rencontrant une anorexique, je fait un hommage à sa taille de guêpe, moi qui en rencontrant une prostituée, je ne parle qu’à la femme qui est au fond d’elle, moi qui adepte des soirées ou l’alcool coule à flot, je ne me permet d’en gouter, moi qui en revenant d’une soirée chaude, je me dissimule pour que notre voisin respectable revenant de la mosquée au beau matin ne me remarque pas, moi qui en croisant des homosexuels, je me censure de leur faire part de mes reproches en parfait respect à leurs libertés, moi qui n’aime ni les micro jupes, ni le maquillage à outrance, ni les Burqas des Ninja et leurs éventuels sourcils tracés, je me garde de les outrager ou de leur imposer mes gouts vestimentaires ou ma visions du monde, moi qui loue un studio pour y passer des moments intimes ( ce qui veut dire loin des yeux et de l’exhibitionnisme) et qui cache minutieusement le reçu de location pour ne pas choquer ou contrarier les parents . Je baigne quotidiennement dans cette hypocrisie foyer de cette douceur de vivre inégalable qui fait que tous les expatriés dans ce beau pays souhaitent y rester à jamais. Et je vous défie avec votre pseudo clarté et cohérence de marquer autant de sourires que je dessine avec mon hypocrisie sur les lèvres des gens que je croise, et qui leur présage une  agréable fin de journée. Et puis je laisserai de coté mon hypocrisie pour une seconde le temps de vous dire

Je vous emmerde !!!!!!

Bassim KHABER

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L’enseignement au Maroc : quelles réformes pour quel résultat ?

Ce fut une riche séance de débat que la dernière édition du café culture, organisé par Wadi GHAZI et Ismael RAHAL avec les étudiants  de l’ESCA. L’édition était sous le thème « l’enseignement au Maroc » et ou des jeunes et moins jeunes ont décortiqué, chacun selon sa vision et ses repères la situation de l’enseignement au Maroc. Ce magnifique débat a fait fuser une multitude de pensées dans mon humble boite crânienne et a stimulé mes synapses paresseuses à collaborer  avec mes cellules grises qui étaient en grève. N’est ce pas la discussion qui fait jaillir la lumière aux yeux d’un Voltaire.

Personne ne peut nier la problématique de l’enseignement au Maroc, sachant que l’enseignement  de qualité est la condition sine qua non pour assurer le développement continu et durable du pays. Alors chacun essaie de son coté de mettre le doigt sur les carences du système éducatif au Maroc, et les causes récurrentes sont :

1)      la mauvaise qualité de l’enseignement publique face à l’enseignement privé

2)      le choc du passage de l’enseignement primaire arabisé à l’enseignement secondaire francisé

3)      l’inadéquation des formations avec le marché du travail

Avant de me pencher à secouer ma tète pour trouver d’éventuelles solutions en partant dans quelques hérésies prétentieuses, il fallait tout d’abord à mon intime conviction d’être convaincu que le malin se cache effectivement dans ce qui a été identifié. Et qu’en réglant ces problèmes l’enseignement trouverait son salut.

La première des choses qui m’intriguait, c’est de comprendre pourquoi cet enseignement publique si chahuté, nous offre à la fin de chaque année les meilleurs lauréats du bac. Et moi qui suis un pur produit de l’enseignement public primaire et universitaire, je ne me sens pas aussi lésé que ça (peut être par aveuglement de fierté et d’ego disproportionné).

La seconde était d’émettre l’hypothèse de généraliser les études en une seule langue tout au long du cursus et de choisir ou l’arabe, la langue maternelle, au risque de  faire sortir des lauréats qui n’ont pas les outils du monde de l’entreprise, plutôt francisant, avec tout l’effort de traduction des disciplines que cela supposerait, ou le Français, la langue ouverte à l’Europe au risque de voir les étudiants décrocher dés leur plus jeune âge , et oublier leur propre identité.

N’étant pas convaincu de la pertinence des maux sélectionnés, je me suis mis dans une analyse globale et sociétale de l’enseignement et à imaginer des réformes faisables et applicable par rapport à la situation qui existe et non celle qui dans l’heureuse utopie devrait exister, avec l’espoir que mes méninges ne me font pas défaut, et au cas où ils ne touchent pas la juste vérité, au moins qu’ils inspirent mon lecteur à la trouver.

Je crois qu’avant de toucher à l’aspect qualitatif de l’enseignement, il faudrait d’abord combler l’aspect quantitatif. La priorité serait à la généralisation de l’alphabétisation  et à la lutte contre l’abandon scolaire. L’existence d’un enseignement privé développé dans les métropoles aide particulièrement le gouvernement à concentrer les budgets sur les quartiers populaires, les villes de provinces et les patelins éloignés.

Par la suite, il faudrait rendre à l’instituteur le statut qui devrait être le sien car de lui dépend l’aptitude de l’enfant à pouvoir absorber la connaissance, et de son travail dépendra le travail de tous ceux qui le succéderont.  Et cela suppose bien sur une meilleure rémunération et une meilleure estime à ce corps de métier.

Pour la langue d’enseignement, il ne s’agit pas de tuer une langue en faveur de l’autre, la meilleure des solutions serait de renforcer l’étude des langues dés le primaire, sans pour autant vouloir à tout prix traduire les matières techniques dans cette langue. Le problème qu’ont nos compatriotes est un problème de grammaire et de syntaxe beaucoup plus qu’un problème de vocabulaire. Renforcer leur maitrise littéraire de la langue conduirait inéluctablement à plus de maitrise technique en cas de besoin. Alors il faudrait renforcer l’arabe et le français avec plus d’heures de cours et surtout un coefficient plus important, car la langue est l’outil et le support inévitable de la connaissance.

Pour l’adéquation avec le marché du travail, il faudrait donner plus de valeur aux formations techniques, car c’est là ou existe la demande d’embauche en masse. Créer des cycles de formations en collaboration avec les entreprises demanderesse serait une adaptation avec un minimum de risque de l’offre à la demande. Puisqu’on assiste à des entreprises qui cherchent à embaucher mais peinent à trouver les profils demandés.

Il faudrait aussi penser à développer plus d’instituts et d’école supérieurs publique, quitte même, à les rendre payant, car la demande existe et permettrait de diminuer l’hémorragie de devise consécutive à l’exode des étudiants marocains  à l’étranger, soit en développant des partenariats avec des universités de renom ou dupliquer des modèles qui ont pu imprimer leur nom de marque et leur notoriété dans les tètes tel que l’ISCAE, l’école Mohammedia (EMI), ou l’école Hassania (EHTP).

Ceci étant, même si un gouvernement arrive à réaliser tout cela, il n’en demeure pas moins qu’il existe une entrave majeure à tout effort de réforme. C’est le taux d’analphabétisme qui est officiellement de prés de 30% majoritairement du coté des parents. Il ne faudrait pas s’attendre à des solutions miracles tant que les parents ne sont pas armés pour suivre et transmettre la connaissance à leurs enfants. Alors formons dés aujourd’hui les parents de demain si on souhaite que nos réformes aient un socle solide et une bonne terre pour s’enraciner et que dans une vingtaine d’année, l’arbre des réformes fleurissent et que ses fruits murissent. Si on ne s’occupe pas des parents, toute réforme ne serait que poussière emportés par les vents.

Bassim KHABER

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Le changement c’est moi

Moi en tant que citoyen marocain Je m’engage de respecter  tout mes devoirs vis-à-vis de cette patrie en  jouissant de tous les droits que me procurent la constitution et la loi.

Moi en tant que citoyen marocain, je formulerai des propositions avant de faire des critiques, je donnerai des alternatives et travaillerai sur des projets

Moi en tant que citoyen marocain, j’encouragerai ceux qui essaient d’entreprendre, de changer, d’innover, au dépends de ceux qui veulent critiquer, démolir les initiatives et résister au changement.

Moi en tant que citoyen marocain, je m’engage à me positionner par rapport aux projets qu’on me présente suite à mes convictions quant à la pertinence des projets et non par rapport à la haine ou l’amour que j’ai pour leurs porteurs,

Moi en tant que citoyen marocain, je m’engage à respecter les convictions des autres, la différence des autres, l’expression des autres, à respecter cet autre quel qu’il soit.

Moi en tant que citoyen marocain, je m’engage à avoir l’argument comme unique arme,  le débat comme unique bataille, sans user de violence verbale, sans user d’anathème et d’invective.

Moi en tant que citoyen marocain, je me refuserai de commenter les rumeurs, en ayant le souci de connaitre la source de chaque information avant prendre une position ou de la défendre.

Moi en tant que citoyen marocain, je m’engage à applaudir et à soutenir mon adversaire politique quand je sais que sa position est juste et correcte.

Moi en tant que citoyen marocain, je ferai de mon mieux pour rassembler au lieu de diviser, de privilégier ce qui est en accord à ce qui est en divergence,  avec le mot construire ensemble comme emblème.

Moi en tant que citoyen marocain je respecterai le devoir du transfert du savoir et de la connaissance sans rétention ni restriction aucune.

Moi en tant que citoyen je m’engage à faire mon devoir, même si les autres ne respectent pas le leur. Et que mon arme de lutte contre l’incivilité et le manque de civisme soit mon comportement avant tout autre chose.

Moi en tant que citoyen marocain, je me préserverai du syndicalisme idéologique en réclamant les droits pour les classes et catégories auxquels je n’appartiens pas autant que pour celle auxquels j’appartiens.

Moi en tant que citoyen marocain, je me refuserai de réclamer le prix de mon militantisme ou un dédommagement de quelle nature que ce soit pour avoir  défendu une cause  ou marchander des convictions auxquels je crois.

Moi en tant que citoyen marocain, je m’engage à consacrer une partie  de mon temps au bénévolat et à l’engagement pour le bien de la communauté selon ma disponibilité et sans pour autant nuire à ma vie personnelle ou professionnelle.

Moi en tant que citoyen marocain, je m’engage à commencer le changement à petite échelle, dans ma famille, dans mon entourage, dans mon quartier, dans ma localité, dans ma cité  selon les moyens dont je dispose.

Moi en tant que citoyen marocain, je m’engage à ne pas demander aux autres une chose que je n’applique pas moi même, car le changement c’est moi.

 

« Sois le changement que tu veux voir dans ce monde » Ghandi 

Bassim KHABER

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Coup de gueule d’un 3roubi

Au nom de tous les 3roubi, habitants des pleines ne connaissant d’origine que l’appellation que les autres nous donnent,

Nous, qui avons été les vaches de Allal « Bgar Allal » pour une certaine élite de ce pays,

Nous, qui sommes les hommes de l’intérieur «  s7ab eddakhil » quand on veut visiter les villes du nord,

Nous, qui sommes « 3ribbane » quand on va vers nos montagnes,

Nous, les différents quand on foule le sol du désert,

Nous, qui avons été la cheville ouvrière chez les colons puis chez les successeurs des colons,

Nous, qui avons laissé nos terres au début du siècle pour un exode vers les villes pour construire de nos bras ce Maroc moderne, habitant baraques, huttes, bidonvilles, puis maisons aussi modestes que nos âmes,

Nous, dont les filles portent toute les industries demandant des mains d’œuvres avec un travail de 10h par jour sans être déclarées en sortant à des heures tardives s’exposant aux aléas des méandres et chemins,

Nous, qui travaillons dont les entreprises sans nul espoir d’accéder aux postes de responsabilités car nous n’avons ni père ni oncle parmi les dirigeants, et à qui on confie nos futurs patrons pour que nous les formons,

Nous, qui comptons parmi nous si peu de richards dans ce pays, et si peu de fortunes familiales ni conglomérats bancaires, ou d’hydrocarbures, ou agroalimentaires, et nous faisons que travailler chez les autres,

Nous, qui achetons de tout le monde sans se soucier de l’intonation ou du dialecte même si nous peinons à vendre  le fruit de notre labeur,

Nous, qui marions nos filles et garçons avec tous les cœurs s’y attachant sans exclure d’ethnie ni dessiner de grillages,

Nous, que l’on traite de tous les noms pour notre bon vivant et notre penchant pour la fête, les discussions et rigolades spontanés à très hautes voix, notre folklore dansant et festifs,

Nous, qui n’avons de loyauté que vers notre patrie, notre royaume, sans revendiquer de parcelle, sans chercher  de gloire, ni développer de fierté autre que d’appartenir à cette patrie,

Nous, qui n’avons jamais rien eu, et jamais rien revendiqué  nous clamons haut et fort notre attachement à ce pays bienheureux, à son unité, à sa diversité et à l’ensemble de ses richesses culturelles. Continuez à nous exclure, nous continuerons de construire avec vous, continuez à nous blâmer, nous continuerons à vous aimer, continuer à bannir notre culture, nous continuerons à apprendre à respecter et à défendre la votre. Nous nous considérons avoir la mission solennelle d’être le ciment de ce pays, et quoiqu’on dise de nous, quoiqu’on nous donne ou qu’on nous prive, nous ne faillirons jamais à notre mission de souder ce peuple et de militer pour une culture de fraternité et d’égalité pour que ce pays soit, dans toutes ses provinces, le pays des hommes et femmes bienheureux.

 

« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me lésertu menrichis. » Antoine de Saint-Exupéry

BASSIM KHABER

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Gouvernement n°30 : mais ou sont passées les femmes ?

Sur tous les murs et tous les forums, un seul sujet passionne et déchaine les commentaires, comment se fait il que après plus d’une décennie après la promulgation du quota pour permettre à la femme d’accéder aux postes politiques suprêmes, on arrive à un gouvernement de 30 ministres avec une seule représentation féminine ? Certains crient au hold up, d’autres à l’usurpation, certains y voient un signe de régression, et d’autres le spectre d’une hégémonie pseudo islamiste reléguant la femme à un rang inferieur. Mais très peu de commentaires se sont intéressés objectivement aux causes et à la conjoncture qui a amené à un tel résultat, car seule une analyse du comportement politique de la geinte féminine pendant la décennie est à même de donner des réponses valables et des explications crédibles.

Le système de quotas a été adopté lors des élections de 2002 afin de en réservant 30 sièges pour les femmes. La philosophie dudit quota est d’habituer les électeurs à la présence de plus en plus nombreuse des femmes dans l’hémicycle et simultanément de créer un référentiel d’actions et d’expériences féminines parlementaires. Ce qui devait se traduire par un accès de plus en plus accru aux fonctions gouvernementales et de gouvernance. Cette idée est fortement encouragée par les dispositifs de la loi sur les partis politique dont l’article 20 impose aux partis de prévoir dans leurs règlements la proportion réservé aux femmes et aux jeunes dans les instances dirigeantes.

La nomination de plusieurs femmes ministres telles que Yasmina Baddou, Nouzha Chaqrouni, Nawal Elmoutawakkil, Nouzha Squalli, et par la suite de Amina Benkhadra, Latifa akherbach, latifa labida, Touria Jabrane était une cette introduction tant attendu pour voir des femmes à l’œuvre. Certaines se sont distinguées par leurs rendement ou par leurs bourdes, d’autres n’ont pas vu les projecteurs se focaliser sur elles et sont passés inaperçues, mais toujours est il que nous avons pu avoir deux mandats avec une présence féminine dont la compétence est tout à fait comparable à celle des hommes dans les succès et dans les dérapages. L’opinion publique ne fait plus de différence entre les ministres hommes ou les ministres femmes quant à la virulence des critiques ou des reproches, ce qui est un gain substantiel pour les femmes, car c’est une certification que la bataille de l’image femme gouvernante est déjà gagné.

Ceci dit, la bataille de l’image n’est pas la seule bataille à mener, le vrai défi c’est d’accéder à une parité représentative de la présence de la femme dans la société marocaine. Et si cette parité est de plus en plus visible dans les secteurs professionnels et associatifs, elle est quasi inexistante dans le volet politique. Et la comparaison entre la présence féminine dans les trois secteurs fait ressortir la raison évidente pour laquelle cette parité est inaccécible dans le politique. Il s’agit tout simplement d’un problème de nombre, les femmes qui s’adonnent à la politique se comptent sur les bouts des doigts, le choix de ministrables parmi un éventail aussi serré devient un exercice très ardu. Il suffit d’essayer de proposer quatre femmes pour le gouvernement, une de chaque parti, pour se rendre compte de la difficulté de l’exercice.

Un élément de l’explication revient au fait que la politique est un terrain d’affrontement, et de compétition ou pour émerger, il faudrait être maitre de l’esquive, de la manipulation, parfois de la trahison ou même de la résurrection. Les femmes se sentant mal dans des rôles aussi machiavélique ont plus de mal à résister en politique que les hommes qui sont capables en cas de changement d’objectifs de virer à 180°c sans la moindre culpabilité. L’autre élément revient à l’oisiveté politique qu’a entrainée le système de quota, les femmes qui sont d’un certain calibre exigent une promesse d’être placées en pole position de la liste nationale avant d’opter pour un parti ou un autre, et même les femmes leaders dans certains partis et qui ont un charisme reconnu et une certaine popularité rechignent de se présenter dans des circonscriptions pour mener des batailles électorales et se contentent d’être incrusté dans la liste nationale. Dans ce cas le quota ne joue plus son rôle de tremplin politique et devient la fenêtre d’où revient celle qui est sorti par la porte.

Je crois que les femmes ont la responsabilité morale d’investir le champ politique plus massivement et d’imposer leurs compétences via une large assise populaire féminine. Pour faire taire les machos, elles doivent beaucoup plus militer au sein des partis, diriger des commissions, se présenter aux élections locales, puis législatives au lieu de demander à ce qu’on leur octroie des postes par compassion à l’appareil génital qui nous a fait naitre. Cette insulte à la compétence de la femme qu’est le quota, si nécessaire soit elle, ne doit plus être une finalité et un objectif en soi, mais juste un outil sur une période déterminée pour assurer une présence féminine au parlement en cas d’échec de celles qui se présentent dans des circonscriptions. Et pour permettre une cooptation de femmes tète de listes sur les candidatures, il faut plus de femmes dans les instances dirigeantes des partis et des bureaux politiques, et pour cela, il faut plus de femmes lors des congrès nationaux pour voter et pour militer. La femme doit être la fervente défenseuse de la méritocratie, car sur ce critère, et avec la compétence dont elle fait preuve, elle peut briguer tous les postes qui existent

Alors engagez vous mesdames et mesdemoiselles politiquement, marquez la politique dans ce pays par vos actions et votre présence et non seulement par vos revendications. Prouvez votre valeur politique comme vous l’avez fait professionnellement on nul ne peut nier la compétence, le dynamisme, le génie et la rigueur que vous avez insufflé. Nous avons tellement besoin de votre présence, de votre abnégation et de votre touche féminine pour moraliser et adoucir, peut être même, idéaliser cette vie politique, laissez nous rêver d’une femme chef du gouvernement d’ici 10 ou 15 ans. Mais surtout, n’attendez pas qu’on vous donne, un droit, ça s’arrache, alors arrachez vos droits.

Bassim Khaber

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