Quel piètre spectacle politique auquel nous assistons ces derniers jours, quelle désolation et quel gâchis. Une pièce digne du bain maure féminin (7emmam le3yalate) dans les quartiers les plus populaires (et je représente d’emblée mes excuses aux femmes et aux quartiers populaires pour la comparaison indigne) qui ne fait qu’abaisser le niveau du débat politique, et désorienter l’opinion publique des vrais maux qui touchent la société marocaine pour se focaliser sur des querelles, comme deux marchands de fèves bouillis (Taybouhari) qui se chamaillent pour une place dans un souk.
On connaissait le RNI plus sobre, lui le parti fondé en 1978 par une élite de notables qui ont choisi de mettre en valeur l’indépendance sur leurs blason pour se soustraire des diatribes politiques et constituer un nouveau centre. Une sorte d’arbitre chez qui les belligérants s’adressaient pour trouver des terrains d’ententes par rapport aux sujets qui les divisaient. Quand en 1992 la Koutla (PI, USFP, PPS et OADP) s’opposait au Wifaq ( MP, UC, PND) le parti du RNI était au centre , à coté de la MNP de Aherdane ( toutes proportions gardés) et était le parti sans lequel , aucun gouvernement n’est possible. La sobriété et le charisme des hommes du parti en ont fait des hommes sollicités et respectés, et surtout utile pour désamorcer les crises politiciennes pouvant se déclencher de part et d’autres. D’où leur succès phénoménal dans les différentes chambres professionnelles (chambres de commerces, chambres d’agriculture, chambres d’industrie) et syndicats et groupements patronaux ( Salaheddine Mezouar étant un ancien président de l’AMITH) .
Aujourd’hui, le RNI essaie de se frayer un chemin dans l’opposition, mais s’éloignant de plus en plus de son image et ses fondamentaux, en s’approchant d’une opposition démagogue de la gauche des années 80. Et si les méthodes de cette gauche peuvent avoir une certaine légitimité historique du fait de la nature et de la culture de ces militants, le RNI, parti des libéraux, peine à convaincre par rapport à ses sorties de plus en plus populistes, en essayant de rebondir sur chaque petite réforme tentée par le gouvernement, et discréditer toute l’action gouvernementale, tantôt en attaquant l’idéologie du parti qui mène le gouvernement, alors que le pluralisme l’oblige à respecter la différence et la volonté des votants , tantôt en attaquant directement les hommes de ce parti, ou du gouvernement. L’image du parti est entrain de se métamorphoser, et deviendra la colombe qui s’est transformé en corbeau, pire encore, sans pouvoir trouver la cadence de pas du corbeau, ni pouvoir retrouver la grâce de sa propre marche.
S’opposer systématiquement à toutes les réformes proposés (cahiers de charge audiovisuel, liste des agréments, hausse des carburant, réformes judiciaires, etc.) en arguant la non globalité des solutions donne d’eux l’image de la résistance aux changement et l’encouragement de l’attentisme. Certains même peuvent aller jusqu’à les taxer de sauvegarde et de défense de leurs propres intérêts.
De l’autre coté, nous avons eu droit à un député PJD qui joue les Zorro, et vient pour démasquer l’avidité soi-disant devant le grand public, et parle de rémunérations sous la tables mais sans dire de nom , juste en faisant des insinuations empoisonnés ( du sous la table aussi) pour discréditer un dirigeant politique et derrière lui toute sa formation. Si l’intention dudit député est innocente et réformatrice, il aurait choisi ou bien la voix judiciaire, en portant les éléments en sa connaissance avec des preuves, s’il est convaincu qu’il y’a eu fraude. Ou bien dans le cas, ou la transaction s’est faite légalement, et qu’il considère qu’elle n’est pas juste, militer en tant que député pour promulguer une loi définissant exactement les attributions des ministres et responsables administratifs à s’accorder des primes.
Faire sortir des dossiers, et les divulguer d’une manière lâche et sordide, contre des personnes et non contre des idées, au moment ou la société est en plein débat sur les hausses des prix d’essence et de la restructuration de l’économie, c’est comme faire pression pour forcer le passage à un programme donné. Or, si une réforme n’arrive pas à se défendre d’elle même, selon son utilité et sa pertinence pour la nation, ce n’est pas en criant au diable, qu’elle va devenir plus convaincante. Et nous ne voulons pas d’un gouvernement qui impose ses idées (aussi pertinentes soient elles) mais d’un gouvernement qui fédère, et qui trouve les arguments nécessaires pour réunir tout les éléments de la nation pour le salut commun de la patrie.
Dans ce sens, j’interpelle Monsieur Abdelilah Benkirane, plus en tant que chef du PJD , qu’en tant que chef du gouvernement, à demander plus de retenue et de rigueur de la part de ses députés, moins de démagogie et de populisme dans leur interpellations et rester sur le vif des sujets, sans mettre des coups bas aux adversaires, qui se retournent sur ceux qui les donnent.
Il faut se rendre à l’évidence que ces chamailleries enfantines, ne font que discréditer l’ensemble de la classe politique, et donne la nausée au citoyen Lambda , qui reperds la confiance en la démocratie représentative à chaque fois que les sujets débattu ne sont plus ceux pour lesquelles il a voté, mais juste un pugilat entre deux camps, ou il ne se sent plus représenté. Une sorte de Match de foot haché ou les belles combinaisons de jeu et le fairplay ont laissé lieu à des tacles dangereux, des coups de coudes, du crachat entre joueurs et des insultes. Dans ce cas le carton jaune (et pour bientôt le rouge) est à brandir aux deux joueurs (n’en déplaise à un cher ami qui se reconnaitra) qui se sont délaissé de l’objectif du jeu pour régler des chamailleries personnelles loin de ce qu’attendent les spectateurs et les supporters.
J’en veux beaucoup plus au parti au gouvernement qu’à celui qui est dans l’opposition car si l’opposition ne représente que ses sympathisants, le gouvernement représente et demeure la propriété et l’outil de tous les citoyens, sympathisants ou réfractaires, et doit faire preuve de retenue et faire primer l’intérêt de la nation sur les infâmes calculs politique.
Il est temps pour nos politiciens de se comporter en véritables hommes d’états, et un homme d’état doit savoir quand se l’ouvrir, mais doit surtout savoir quand se la fermer. Il est plus qu’urgent de rédiger une charte inter-partis régulant de manière précises le comportement à adopter au gouvernement et celui à adopter à l’opposition, car in fine, nous sommes les passagers du même bateau, nous sommes les citoyens de la même patrie. Comportez vous en ladys et gentlemen, mesdames et messieurs, et faites que vos concitoyens vous respectent en tant que politiciens.
Bon vent.

#1 par Asmàa Fakhoury le 14 juin 2012 - 17 h 59 min
Merci du fond du coeur pour ce billet qui a éclairé une partie de mon âme. Merci d’avoir su trouver les mots qui décrivent le mieux ce scandale politique que nous vivons.
#2 par Ghali le 14 juin 2012 - 19 h 14 min
J’ai bel et bien constaté, en toute franchise et en toute objectivité, une technique de l’amalgame employée par le RNI et qui je le dis franchement me scandalise. Ce parti, auquel j’avais de la sympathie et qui s’est amoindrie surtout après la manière de la réélection de Mezouar, vient de prouver que sa stratégie d’opposition est un échec total. Les temps qui viennent s’annoncent durs pour le RNI mais sans oublier son partenaire d’opposition en chute libre l’USFP !
Voir aujourd’hui, la manière de ces députés de l’opposition, rabaisser le PJD et ses hommes me laisse pantois. C’est donc cela, le triomphe de la ligne Mezouar ? Des invraisemblables attaques des députés et militants RNI et USFP qui perdent de jour en jour ce qui reste de leur microintégrité, offrant une démonstration de « politique de trottoir », sans aucun scrupule.
La ligne Mezouar aura donc conduit à tous les vils et abjects excès, se doutant bien que les mots qu’ils prononcent ne résisteront pas à l’épreuve des faits. Que cherchent-ils en fait ? À sauver leurs peaux peut-être ? leur mouvement ?
Je me demande quand cessera cette surenchère permanente d’épithètes calomnieuses et diffamatoires, de phrases balancées sans discernement et surtout (dans la majorité des cas) sans fondements, et qui, Internet et nouveaux médias aidant, pollueront durablement la sphère virtuelle.
Aujourd’hui, on discourt sur les réseaux sociaux de Benkirane et son gouvernement, avec une virulence parfois surprenante. Il y a de quoi s’étonner !
La conclusion est simple, les politiques actuels de l’opposition ont moins de scrupules à raviver des tensions dangereusement déviantes pour de basses considérations électorales et la politique continue de se nourrir d’excès de moins en moins soutenables. Quelle honte !