Archives de juin 2012

RNI vs PJD: le ridicule ne tue pas !!

Quel piètre spectacle politique  auquel nous assistons ces derniers jours, quelle désolation et quel gâchis. Une pièce digne du bain maure féminin (7emmam le3yalate) dans  les quartiers les plus populaires (et je représente d’emblée mes excuses aux femmes et aux quartiers populaires pour la comparaison indigne) qui ne fait qu’abaisser le niveau du débat politique, et désorienter l’opinion publique des vrais maux qui touchent la société marocaine pour se focaliser sur des querelles, comme deux marchands de fèves bouillis (Taybouhari)   qui se chamaillent pour une place dans un souk.

On connaissait le RNI plus sobre, lui le parti fondé en 1978 par une élite de notables qui ont choisi de mettre en valeur l’indépendance sur leurs blason pour se soustraire des diatribes politiques et constituer un nouveau centre. Une sorte d’arbitre chez qui les belligérants  s’adressaient pour trouver des terrains d’ententes par rapport aux sujets qui les divisaient. Quand en 1992 la Koutla (PI, USFP, PPS et OADP) s’opposait au Wifaq ( MP, UC, PND) le parti du RNI était au centre , à coté de la MNP de Aherdane ( toutes proportions gardés) et était le parti sans lequel , aucun gouvernement n’est possible. La sobriété et le charisme des hommes du parti en ont fait des hommes sollicités et respectés, et surtout utile pour désamorcer les crises politiciennes pouvant se déclencher de part et d’autres. D’où leur succès phénoménal dans les différentes chambres professionnelles (chambres de commerces, chambres d’agriculture, chambres d’industrie)  et  syndicats et groupements patronaux ( Salaheddine Mezouar étant un ancien président de l’AMITH) .

Aujourd’hui, le RNI essaie de se frayer un chemin dans l’opposition, mais s’éloignant de plus en plus de son image  et ses fondamentaux, en s’approchant d’une opposition démagogue de la gauche des années 80. Et si les méthodes de cette gauche peuvent avoir une certaine légitimité historique du fait de la nature et de la culture de ces militants, le RNI, parti des libéraux, peine à convaincre par rapport à ses sorties de plus en plus populistes, en essayant de rebondir sur chaque  petite réforme tentée par le gouvernement, et discréditer toute l’action gouvernementale, tantôt en attaquant l’idéologie du parti qui mène le gouvernement, alors que le pluralisme l’oblige à respecter la différence et la volonté des votants , tantôt en attaquant directement les hommes de ce parti, ou du gouvernement. L’image du parti est entrain de se métamorphoser,  et deviendra la colombe qui s’est transformé en corbeau, pire encore, sans pouvoir trouver la cadence de pas du corbeau, ni pouvoir retrouver la grâce de sa propre marche.

S’opposer systématiquement à toutes les réformes proposés (cahiers de charge audiovisuel, liste des agréments, hausse des carburant, réformes judiciaires, etc.)  en arguant la non globalité des solutions donne d’eux l’image de la résistance aux changement et l’encouragement de l’attentisme. Certains même peuvent aller jusqu’à les taxer de sauvegarde et de défense de leurs propres intérêts.

De l’autre coté, nous avons eu droit à un député PJD qui joue les Zorro, et vient pour démasquer l’avidité soi-disant devant le grand public, et parle de rémunérations sous la tables mais sans dire de nom , juste en faisant des insinuations empoisonnés ( du sous la table aussi)  pour discréditer un dirigeant politique et derrière lui toute sa formation. Si l’intention dudit député est innocente et réformatrice, il aurait choisi ou bien la voix judiciaire, en portant les éléments en sa connaissance avec des preuves, s’il est convaincu qu’il y’a eu fraude. Ou bien dans le cas, ou la transaction s’est faite légalement, et qu’il considère qu’elle n’est pas juste, militer en tant que député pour promulguer une loi définissant exactement les attributions des ministres et responsables administratifs à s’accorder des primes.

Faire sortir des dossiers, et les divulguer d’une manière lâche et sordide, contre des personnes et non contre des idées, au moment ou la société est en plein débat sur les hausses des prix d’essence  et de la restructuration de l’économie, c’est comme faire pression pour forcer le passage à un programme donné. Or, si une réforme n’arrive pas à se défendre d’elle même, selon son utilité et sa pertinence pour la nation, ce n’est pas en criant au diable, qu’elle va devenir plus convaincante.  Et nous ne voulons pas d’un gouvernement qui impose ses idées (aussi pertinentes soient elles) mais d’un gouvernement qui fédère, et qui trouve les arguments nécessaires pour réunir tout les éléments de la nation pour le salut commun de la patrie.

Dans ce sens, j’interpelle Monsieur Abdelilah Benkirane, plus en tant que chef du PJD , qu’en tant que chef du gouvernement, à demander plus de retenue et de rigueur de la part de ses députés, moins de démagogie et de populisme dans leur interpellations et rester sur le vif des sujets, sans mettre des coups bas aux adversaires, qui se retournent sur ceux qui les donnent.

Il faut se rendre à l’évidence que ces chamailleries enfantines, ne font que discréditer l’ensemble de la classe politique, et donne la nausée au citoyen Lambda , qui reperds la confiance en la démocratie représentative à chaque fois  que les sujets débattu ne sont plus ceux pour lesquelles il a voté, mais juste un pugilat entre deux camps, ou il ne se sent plus représenté. Une sorte de Match de foot haché ou les belles combinaisons de jeu et le fairplay ont laissé lieu à des tacles dangereux, des coups de coudes, du crachat entre joueurs et des insultes. Dans ce cas le carton jaune (et pour bientôt le rouge) est à brandir aux deux joueurs (n’en déplaise à un cher ami qui se reconnaitra) qui se sont délaissé de l’objectif du jeu pour régler des chamailleries personnelles loin de ce qu’attendent les spectateurs et les supporters.

J’en veux beaucoup plus au parti au gouvernement qu’à celui qui est dans l’opposition car si l’opposition ne représente que ses sympathisants, le gouvernement représente et demeure la propriété et l’outil de tous les citoyens, sympathisants ou réfractaires, et doit faire preuve de retenue et faire primer l’intérêt de la nation sur les infâmes calculs politique.

Il est temps pour nos politiciens de se comporter en véritables hommes d’états, et un homme d’état doit savoir quand se l’ouvrir, mais doit surtout savoir quand se la fermer. Il est plus qu’urgent de rédiger une charte inter-partis régulant de manière précises le comportement à adopter au gouvernement et celui à adopter à l’opposition, car in fine, nous sommes les passagers du même bateau, nous sommes les citoyens de la même patrie. Comportez vous en ladys et gentlemen, mesdames et messieurs, et faites que vos concitoyens vous respectent en tant que politiciens.

Bon vent.

Bassim KHABER

2 Commentaires

Football nationale: Guérets, le faux coupable

Match nul, un résultat mi figue mi raisin qui ne donne pas  assez d’aliments aux détracteurs de Guérets pour le limoger, mais qui est insuffisant aussi pour dégager la pression sur le sélectionneur national. Mais est-il vraiment responsable de la situation du football au Maroc ?  Est ce qu’avant sa venue, nous étions des champions en la matière ?  Est ce que tous les éléments de développement du foot sont  disponibles pour se permettre un coach aussi couteux ?

Si on analyse le rendement de la sélection nationale durant les 20 dernières années, on trouvera que mise à part, l’équipe d’Henri Michel qui s’est qualifié au Mondial, aucune autre équipe n’était en mesure de développer du jeu, l’équipe de Kasperzak était l’ombre d’une équipe, de Coelho laissait à désirer en fond de jeu, de Zaki solide défensivement mais n’arrive pas à dépasser le milieu de terrain, celle de Fakhir en construction jusqu’à sa démission, la seconde d’Henri Michel grandiose dans les matchs amicaux, nulle dans les officiels, celle de Roger Lemaire pale et sans visage, celle du quatuor , n’en parlons pas, et celle de Guérets est l’eternel espoir qui n’a jamais abouti.

 

On ne peut nullement reprocher à Guérets plus d’une décennie  de décadence footballistique, mais on doit reprocher à l’ensemble de l’opinion sportive de ne pas se focaliser sur les vrais raisons de  cette déchéance. Et pour cause, nous sommes un public de commentateurs de résultats, et non de fond de jeu. Il suffit que l’équipe nationale se qualifie en finale de la coupe d’Afrique pour oublier qu’elle a souffert pour s’imposer 1-0 face au Nigéria, que sans jeu et avec un effondrement total du Benin en 2 éme mi-temps qu’elle a pu leur placer 4 but sur des erreurs défensives, que contre l’Afrique du sud , on a pas pu faire plus qu’un match nul. Et surtout que contre l’Algérie, on était encore perdant à la 93 éme minute   contre une équipe qui jouait à 10 durant presque toute une mi-temps. Le seul match extraordinaire joué par cette équipe lors de la Can 2004 fut celui contre le Mali ou on les a terrassés par 4-0. Cet oubli nous a couté la qualification au Mondial de l’Allemagne avec une équipe qui n’a certes perdu aucun match. Mais qui n’arrivait pas à s’imposer face aux adversaires aussi fort ou aussi faibles soit ils.

Le même constat s’est reproduit lors du Match contre l’Algérie à Marrakech. Un Match ou l’Algérie était purement et simplement absente, ce qui a ouvert non pas des couloirs mais tout le terrain puisque les trois derniers buts n’était même  pas des combinaisons de jeu, mais de simple Kick and Rush ( droub wtba3) ou l’attaquant courrait droit au but sans avoir de résistance de la part des défenseurs.

Le problème du football national est un problème de modèle, nous somme dans un pays qui ne donne d’importance qu’à la seule technique aux dépens de tous les autres aspects du sport. Or, même au niveau technique, nos joueurs laissent à désirer.  On peut recenser les carences de nos joueurs sur les plans suivants :

1- la technique

  • le contrôle du ballon, ou la distance entre la balle et le pied ne permets plus d’en faire la couverture, ou une relance ou un enchainement  rapide.
  • la justesse des passes ou le taux de déchets et de turn-over   est totalement scandaleux
  • la faiblesse des tirs cadrés et des tentatives de tir

2- la condition physique

  • la faiblesse dans les duels terrestres comme aériens
  • la faible couverture du terrain, quand en moyenne un défenseur court 10 km, un milieu de terrain 12 km et un attaquant 11 km par match. Nos joueurs terminent leur match avec une moyenne de 8km par match
  • le manque de la pointe de vitesse pour permettre de distancer les adversaires

3- la culture tactique

  • L’impossibilité de jouer en rupture, car le reflexe quasi systématique et prévisible des joueurs et de temporiser
  • la distance énorme entre les trois lignes de l’équipe laissant les joueurs en infériorité numérique dans toutes les phases du jeu, surtout en phase d’attaque et de récupération des balles interceptées.
  • l’absence totale d’ouvertures et d’appels de balles dans le dos de l’adversaire. Ainsi que du jeu en mouvement permettant des permutations triangulaires pour se défaire du marquage de zone

4- la solidité psychologique

  • l’absence de la solidarité entre joueurs qui se traduit par la faible permutation des joueurs entre les rôles défensifs et offensifs et le soutien
  • la difficulté d’entamer les matchs avec une constante d’un quart d’heure de flottement
  • la combativité limité ou la cadence de jeu ne change presque pas que l’on soit perdant ou dans une situation non qualifiante.
  • l’absence totale de la « Grinta »  et de la culture du Winner qui ne peut accepter d’autres choix que le gain du match, et de transformer une situation de défaite en situation de victoire.

Je doute fort que le changement d’un entraineur qui ne fait que sélectionner des joueurs  pour  des rassemblements périodiques d’une semaine à deux puisse changer tout cela. Ce qui rend caduque la stratégie du super entraineur qui touche le cachet qu’on connait.  Ce n’est pas pour dire que Monsieur Guérets ne mérite pas son salaire (puisque c’est le même niveau de salaire qu’il percevait avant sa venue), mais que nous avons mieux à faire avec ce budget, notamment de renforcer la direction technique nationale et d’investir sur la formation ciblé par rapport aux carences du football national

1-      la création de centre de formations et d’académie de football permettant de remplacer le rôle que jouaient les équipes de quartier qui organisaient des tournois dans des terrains vagues qui sont de plus en plus rares.

2-      La formation de joueurs dans des postes ou il y’a carence,

  • les latéraux : endurants avec une bonne pointe de vitesse et une bonne qualité de centre
  • les distributeurs : véritable points d’appui qui peuvent amorcer la relance, jouer en rupture, être précis dans les ouvertures et trouver facilement les attaquants démarqués.
  • Les avants-centres : véritables renards des surfaces, qui savent se positionner dans le dos des défenseurs, et qui cadrent bien leurs tirs avec le sang froid nécessaire.
  • Les bombardiers : joueurs évoluant généralement en milieu de terrains pouvant foudroyer les adversaires avec des tirs à distance suite à des balles récupérés à la sortie de la surface de réparation. Permettant de trouver des solutions variés et de décadenasser les défenses adverses.

3-      rendre hommage aux préparateurs physiques

  • prévoir un préparateur physique pour toutes les équipes, cadets, juniors et seniors
  • laisser le temps nécessaire aux préparateurs pour leurs programmes de mise à niveau et de fraicheur physique.
  • Permettre aux préparateurs en concertation avec les coachs de sanctionner ou d’écarter les joueurs qui ne travaillent pas leur VMA (Vitesse maximal Aérobie)  seul base du travail de la vitesse et de  l’explosivité et qui est travaillé en continu pendant toute l’année.

4-      prévoir des  spécialistes en psychologie du sport pour soutenir les joueurs et leur inculquer la culture des Winners.

5-      Former plus de techniciens de foot permettant d’avoir  un choix plus importants pour les différentes équipes de l’élite que ce soit pour leur équipe premières ou leurs équipes de jeunes

Il faudrait absolument qu’on arrive à réexporter nos joueurs vers l’Europe, chose que nous n’arrivons presque plus à faire depuis plus d’une décennie. Et ce, en inculquant aux joueurs l’esprit du professionnalisme et de la performance technique, tactique, physique et psychologique.

Mais tant que nous n’avons pas une presse sportive technique, qui met en lumière toutes les statistiques des matchs avec une analyse pertinente de la possession de ballon, des occasions crées, de la condition physique des joueurs, du schéma tactique et du positionnement des joueurs sur le carré vert, nous ne pourrons espérer une amélioration de la situation footballistique. Car seuls ces journalistes sportifs peuvent créer une opinion publique sportive pour classer les priorités et faire pression sur la fédération. Tant que perdurent le journalisme des enveloppes fermés, qu’on favorise le journaliste qui a la bonne rime à celui qui a la bonne analyse, et que la presse  attise la haine envers des personnes au lieu de convaincre de l’absurdité de projets, on aura le football que nous méritons ou seul le dernier match légitime le qualificatif qu’on donnerait au sélectionneur, sans considération aucune à son dur labeur en cas de défaite, ou à son incompétence et son laisser aller en cas de victoire.

Quand Henri Michel nous a alertés en fin de la CAN 2008 de la situation grave de notre football national, nous avions réagi à la forme par crise de fierté en le limogeant illico presto et nous avons négligé le fond, croyant tout simplement que changer la personne ramènerait la Pluit et le beau temps  pour refaire verdoyer la prairie du football national. Nous voilà 4 ans après entrain de refaire le même constat, et hélas  la même erreur.

Bassim KHABER

Poster un commentaire

Hausse des prix à la pompe, le mal qui guérit

Et rebelote, on traite le gouvernement d’apostasie politique et d’ogre voulant mettre les pauvres du pays dans son chaudron pour se rassasier en diner de fin d’année, et communiquer les indicateurs économiques sur lesquelles il s’est engagé. Etait ce la plus facile des solutions que de répercuter la hausse continu du prix des barils de pétrole sur les prix à la pompe ? ou fallait il soutenir ce pouvoir d’achat si maigre si fragile qui n’avait nullement besoin d’un coup de grâce pour le mettre face à terre ?

Analysons d’abord la problématique initiale. Si on sait que le cout de compensation de l’année précédente à dépassé les 40 milliards de dirhams creusant le déficit budgétaire à  plus de 6%, on peut facilement en conclure que la situation est insoutenable, et que pérenniser le système, nous amènerait droit au mur, car la seule manière de financer ce déficit est de recourir à la dette publique à des taux assez élevé en période de crise (la dette du Maroc est noté BBB par les agences de notations). Maintenir l’économie à coup de dopage artificiel c’est juste retarder l’échéance de la crise et une fuite en avant qui permet de l’amplifier en effet boule de neige pour les générations futures

"La leçon grecque"

Cela rappelle étrangement le cas de la Grèce qui s’est permis pendant une trentaine d’années sous l’alternance des Karamanlis et des Papandréou de maintenir artificiellement le pouvoir d’achat des grecques à travers la dépense publique permettant de résorber la différence entre une consommation galopante, et une production non compétitive, au prix fort d’un endettement croissant qui dépassait en fin 2011 les 158% du PIB. La défaillance du pays quant au paiement de ces dettes lui a fait perdre une partie de sa souveraineté puisque dorénavant c’est ou bien les créanciers (marchés financiers privés), ou bien les partenaires garants (pays de l’Europe, l’Allemagne en tète) qui lui dictent sa conduite. Le prix exorbitant que paie le pays en chômage, en récession économique, en effondrement du pouvoir d’achat, et en baisse d’investissement interpelle plus d’un analyste. Et avec toutes les cures proposées, la dette ne fait qu’augmenter, et le gouvernement grecque et toute l’Europe derrière sont pris au piège.  Et sans une relance globale et un investissement massif, jumelé à une cure d’austérité et un effort surhumain de la population grecque pendant une dizaine d’années, Le pays s’engouffrera de plus en plus dans les abysses.

"A qui vont les subventions ?"

Au Maroc, toutes les études effectuées s’accordent à ce que 20% des ménages les plus aisés perçoivent 75% des subventions, et 20% des plus démunis ne bénéficient que de 1%. Le système profitent beaucoup plus aux industriels notamment  l’OCP  ou l’ONE pour le Fuel ou la Cosumar ou Coca-Cola ou les brasseries pour le sucre. Si on s’accorde que la subvention des hydrocarbures représente 80% de l’enveloppe de la consommation soit plus de 35 milliards de dirhams, on comprendrait facilement que la reforme de la caisse de compensation qui engloutit presque l’équivalent de 5.5% du PIB soit les 2/3 du budget d’investissement marocain, passe obligatoirement par la réforme des prix des hydrocarbures. Car si on rapproche les sommes alloué à la compensation aux investissements de l’état, on trouve que les subventions équivalent à 83% de ce qu’alloue le Maroc au secteur de l’éducation nationale, plus d’une fois et demie ce qu’il consacre à la Défense nationale, près de trois fois ce qu’absorbe le ministère de l’intérieur et quatre fois ce que le secteur de la santé exige. L’état gagne 2Dh sur le prix de l’essence pour ne laisser que 1.50 Dh comme subvention soit 57% de gain et 1 DH sur le prix du gasoil pour établir la subvention à 3.35 DH  soit 23% d’économie et de 988.04 Dh sur le fuel industriel  pour établir la subvention à 2000 Dh la tonne soit une économie de  33%. Si on calcule juste ce qu’économise l’état des postes de deux entreprises comme l’OCP et l ONE, nous sommes à 1.32 milliards de dirhams soit 3% du montant total alloué à la compensation. Dans ce cas, le principe de répercuter les prix sur la pompe devient compréhensible et défendable, surtout que cela entrainerait une baisse et une rationalisation de la consommation des hydrocarbures, ce qui constituerait une économie en devise pour le pays. Mais la question qui deviendrait inéluctable c’est : quel impact de cette hausse des prix des hydrocarbures sur l’économie du pays ??

"Impact de la hausse des prix des carburants"

Si on estime que la consommation d’essence concerne majoritairement les véhicules de tourisme (à l’exception des véhicules utilitaires léger),  et que les entreprises concernés par le fuel ( hors OCP et ONE ) sont plutôt dans le secteur formel, sur des industries assez lourdes avec un taux de marge conséquent pouvant répercuter la hausse du fuel, bien sur avec l’état qui peut jouer son rôle de contrôle. Alors  le cauchemar redouté qu’est l’inflation devrait en général résulter du 1DH répercuté sur le Gasoil.  Si on sait que le cout du transport correspond à entre 5 et 10% du prix de vente des produits, et que le budget des carburant équivaut à 33.5%  des charges des transporteurs, alors une hausse de 10% sur le prix du carburant devrait augmenter le prix des marchandises de 0.33%. le schéma suivant résume la situation :

Exemple

* Prix initial de marchandise : 1000 DH

* Cout du transport  (prix de marchandise x 10%): 100 DH

* Cout du carburant (cout de transport x 33.5%) : 33,5 DH

* Répercutions de la hausse des prix du gasoil (cout du carburant x 10%) : 3.35 DH

* Répercussion réel sur le prix de la marchandise (3.35 DH/ 1000DH) : soit 0.33% 

Dans ce cas, toute hausse des prix supérieur à 0.40% (prise en considération de la synergie des facteurs inflationnistes, rendant l’impact réel de l’inflation toujours supérieur à son impact théorique) serait due tout simplement à la spéculation  des intervenants. Une inflation qui ne pourrait durer dans le temps, car  la contraction de la demande tirerait automatiquement les prix vers le bas pour les ramener autour du 0.40% de hausse réelle. Une éventuelle hausse des prix serait imputable alors à des facteurs exogènes par rapport au carburant, telle que la demande à l’export, la pluviométrie, ou le cout de la main d’œuvre.

"Et les taxis ??"

Cependant la catégorie qui en pâtirait le plus c’est particulièrement le transport public de voyageurs, et spécialement les chauffeurs de Taxi. Le pourcentage du cout du carburant rapporté à ses charges est très élevé,  et une hausse de 10% se répercute directement sur son revenu. Une hausse quotidienne qui pourrait arriver jusqu’à 30 DH/j  représente quelque  900 DH de manque à gagner en fin de mois. Pour les travailleurs de sueur que sont les chauffeurs de taxi et dont le revenu moyen dépasse rarement les 5000 DH par mois, il s’agit d’une perte sèche d’environ 1/5 de leur revenu. D’où la nécessité d’un dialogue et de solutions concertés avec les représentants respectifs de ces corps de métier.

"Et pour les propriétaires des véhicules de tourisme ?"

Le nombre de kilomètres parcouru quotidiennement par un citoyen moyen dans une grande agglomération pour se rendre à son boulot, revenir déjeuner chez lui, se rendre à nouveau à son boulot, puis se prendre un petit plaisir en afterwork  avant de rentrer à la maison est en moyenne de 40 km (cas ou le sujet vit dans la périphérie d’une métropole) . Pour un véhicule qui consomme 10L/100Km la consommation quotidienne serait de 4L soit l’équivalent de 8DH de plus pour un véhicule essence et 4 DH pour un véhicule Gasoil. Rapporté au mois ce serait respectivement 240 DH et 120 DH. Est ce que le citoyen ne peut pas payer ces sommes pour participer à l’effort de l’état de moderniser l’enseignement, ou de bâtir de nouveaux établissements de santé ou tout simplement d’arrêter l’hémorragie de devises qui est passé de 12 mois réserves en 2008 à 5.5 mois en 2011  suite à la hausse spectaculaire des prix du pétrole durant le mandat du dernier gouvernement. est ce qu’on ne peut pas supporter de petites douleurs aujourd’hui, et nous préserver de grandes douleurs pour demain?

"Ça ne fait que commencer"

Le citoyen devrait voir en cette hausse des prix qu’un préambule à une série de hausses qui vont toucher les produits pas encore touchés comme les bonbonnes de 12 kg et de 3 kg dont se sert les exploitants agricoles pour l’extraction des eaux et les propriétaires des écuries surtout avicoles et en moindres mesures ovines et bovines pour le réchauffement,  ainsi que certains industriels à travers la débrouillardise des techniciens marocains. Il devrait aussi y avoir une hausse des prix du sucre consommé en grande partie par les industries de boissons gazeuses, et les brasseries et les conglomérats de l’agroalimentaire. Ces hausses auront un impact social plus percutant, vu l’importance de ces postes dans le budget des ménages modestes.

Les questions à poser au gouvernement seraient alors, qu’est ce qu’il prévoit comme mesures d’accompagnement pour permettre au citoyen modeste de supporter ces  hausses successives ? Quel système pour allouer des aides directes aux ménages concernés à l’instar des modèles latino-américains (Brésil) ?  Quelle stratégie pour booster la logique du soutien de l’investissement aux dépens du soutien de la consommation ? Comment sortir progressivement de la culture de l’assistanat à la culture de la productivité et de la compétitivité ?  Quel calendrier pour la reforme globale de la caisse de compensation, et quel impact sur le citoyen, l’économie du pays et les finances de l’état dans un délai prévu ?

En attendant la réponse à ces questions, on ne peut que saluer le courage du gouvernement de prendre une initiative si impopulaire, mais si nécessaire pour assainir les finances du pays et  étouffer des niches de rentes permettant à certains privilégiés et initiés, de s’enrichir au dépens de la communauté. Ce genre de décision créera  certainement des soulèvements populaires et des protestations syndicales, c’est au gouvernement de trouver la recette sociale permettant de tempérer les craintes et de rassurer quant à l’utilité et la pertinence des mesures entreprises. Il ne suffit pas d’appliquer l’idée mais aussi de savoir la vendre aux citoyens d’abord, et aux acteurs sociaux par la suite. Car les répercussions de telles mesures ne seront visibles sur les finances de l’état qu’après 2 ans et que ce délai peut s’avérer l’espérance de vie du gouvernement.

Tiendront ils bon ?  seuls les maîtres du temps ont les clés de la réponse. croisons les doigts et disons " inchallah"

Bassim KHABER

6 Commentaires

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.