Archives de janvier 2012
PJD : Ministres populistes, ou critiques populistes ?
Publié par Agora Citoyenne dans Politique le 12 janvier 2012
Eh oui, les ministres du PJD dérangent si je n’ose agacent par leur comportement, comment se fait il qu’un ministre attende son tour pour prendre l’ascenseur, ou qu’il vienne au ministère en empruntant les transports en commun ? comment se fait il qu’un ministre des affaires étrangères qui devrait partager les salons des présidents et chefs de gouvernements partagent sa table avec de vulgaires agents chargés de la sécurité ou d’un pauvre photographe ? et comment un chef du gouvernement peut il échanger son numéro de téléphone avec des chômeurs au lieu de les envoyer vers les protocoles de prise de rendez vous ?
Certains crient au marketing politique, d’autres déclarent assister au show du début d’année et au nouveau cirque politique, certains iront même à crier le blasphème ou l’apostasie sur les valeurs fondatrices du charisme du ministrable. Ce qui ramène à une question centrale : comment et surtout pourquoi condamne-t-on des actes d’humilité et de modestie ?
Le premier élément de réponse est à constater auprès des adversaires politiques qui eux, n’ont pas eu l’intelligence de ce positionner sur ce créneau à forte symbolique. Conscient que ces actions peuvent avoir un fort impact sur l’image dudit gouvernement, ne peuvent pas se permettre de le laisser prendre le large. Il s’agit pour eux de le freiner dans son élan en collant l’étiquette populiste à ses actions symboliques, et d’une occasion pour s’échauffer pour une opposition plus ardue et une bataille acharné dans l’hémicycle comme dans les médias. Ils avancent comme argument le prestige et le charisme dont doit jouir un ministre et le faible impact de telles mesures sur le budget de l’état.
Or ils omettent qu’il s’agit déjà d’une révolution culturelle qui remet le ministre à sa juste valeur de fonctionnaire d’état au service du peuple. Il s’agit d’un nouveau référentiel pour l’ensemble des fonctionnaires d’état qui sont moins gradé à bénéficier des privilèges des fonctions à juste mesure. Nous avons quelque 850 000 fonctionnaires au Maroc repartis entre en administrations de l’état (64%), établissements publics (20%) et collectivités locales ( 16%). Cette austérité auto-décrété par les ministres pourrait contaminer hiérarchiquement l’ensemble des établissements étatiques et ferait un gain considérable en budgétisation. Car je vois mal un haut fonctionnaire qui ne bénéficie pas de privilèges dans sa fonction continuer son mutisme pour des fonctions subalternes.
Le deuxième élément de réponse est à trouver auprès de la frange des sceptiques quant au projet social du PJD. Leur analyse, voient en ces geste un genre d’hypnose pour détourner la vigilance de la population, une énième stratégie d’utiliser l’image du bon samaritain pour accéder à des fins politiques. Argumentant que le gouvernement n’a rien proposé de concret depuis sa désignation hormis semer la poudre dans les yeux par ces comportement théâtraux. Ils se posent des questions sur ce SMIG revu à la hausse (3000 Dh) , et ces différentes réformes annoncés à la va vite pour endormir le citoyen dans un beau rêve.
Cette conception a aussi des limites puisqu’il ne peut y avoir de moralisation de vie publique et politique sans ces actes symboliques. En plus il ne pourrait y avoir de mesures concrètes entreprises par le gouvernement avant l’approbation du gouvernement par le parlement. Quand à la question du SMIG , il s’agit d’une promesse électorale du PJD non encore promulgué par le gouvernement et surtout non déclaré par celui-ci après sa désignation. Nous sommes entrain d’assister à un procès d’intentions en commentant les commentaires, en prenant les suppositions de journalistes ou de blogueurs pour de vrais déclarations gouvernementales et les descendre de critiques alors qu’ils ne s’agit que de suppositions non avérés.
Je crois que le temps de l’opposition pour l’opposition est révolu comme s’en sont défendu les nouveaux opposants. Il est temps de critiquer des faits, démonter ce qui est négatif et applaudir le positif. Il n’est nullement permit à cet instant historique de démonter le travail parcequ’on a peur qu’il plaise ou qu’il attire plus de sympathisants, mais juste de le critiquer afin de le perfectionner. Il s’agit pour l’opposition comme pour la société civile d’affuter ces armes pour répondre à une imminente déclaration gouvernementale, d’analyser l’adéquation des propositions et des promesses faites au budget et aux ressources de l’état. Que vont-ils proposer pour reformer la justice, l’enseignement, l’habitat, le chômage, la santé publique ? Vont-ils financer cela par le produit de la bonne gouvernance et par l’élargissement de l’assiette fiscale ou par une hausse des impôts ou par un endettement public ? Avec quelle cadence comptent ils combattre la corruption et moraliser la fonction publique ? et quels sont les objectifs chiffrés en fin de mandat, et avec quel calendrier d’exécution, pour nous permettre de contrôler périodiquement le bon avancement des chantiers ?
Il faut faire évoluer nos paramètres de critiques, ne plus s’attarder sur la négativation du positif, mais sur l’éradication du négatif. Critiquer des rumeurs ou des comportements que l’ont demandait depuis des lustres est le vrai populisme, nous avons le devoir de développer notre critique vis-à-vis du gouvernement, les pousser à améliorer leur rendement technique à travers notre vigilance et nos propositions, leur pourrir leur quotidien quand il faillent à leurs promesses par un rappel à l’ordre et un suivi rigoureux et les aider et les soutenir quand le programme décidé a un réel impact positif sur notre pays. Car après tout, ce qui nous intéresse c’est le bien du Maroc au-delà de par qui il est réalisé. Soyons matures pour un Maroc meilleur.
Gouvernement n°30 : mais ou sont passées les femmes ?
Publié par Agora Citoyenne dans Politique, Société le 4 janvier 2012
Sur tous les murs et tous les forums, un seul sujet passionne et déchaine les commentaires, comment se fait il que après plus d’une décennie après la promulgation du quota pour permettre à la femme d’accéder aux postes politiques suprêmes, on arrive à un gouvernement de 30 ministres avec une seule représentation féminine ? Certains crient au hold up, d’autres à l’usurpation, certains y voient un signe de régression, et d’autres le spectre d’une hégémonie pseudo islamiste reléguant la femme à un rang inferieur. Mais très peu de commentaires se sont intéressés objectivement aux causes et à la conjoncture qui a amené à un tel résultat, car seule une analyse du comportement politique de la geinte féminine pendant la décennie est à même de donner des réponses valables et des explications crédibles.
Le système de quotas a été adopté lors des élections de 2002 afin de en réservant 30 sièges pour les femmes. La philosophie dudit quota est d’habituer les électeurs à la présence de plus en plus nombreuse des femmes dans l’hémicycle et simultanément de créer un référentiel d’actions et d’expériences féminines parlementaires. Ce qui devait se traduire par un accès de plus en plus accru aux fonctions gouvernementales et de gouvernance. Cette idée est fortement encouragée par les dispositifs de la loi sur les partis politique dont l’article 20 impose aux partis de prévoir dans leurs règlements la proportion réservé aux femmes et aux jeunes dans les instances dirigeantes.
La nomination de plusieurs femmes ministres telles que Yasmina Baddou, Nouzha Chaqrouni, Nawal Elmoutawakkil, Nouzha Squalli, et par la suite de Amina Benkhadra, Latifa akherbach, latifa labida, Touria Jabrane était une cette introduction tant attendu pour voir des femmes à l’œuvre. Certaines se sont distinguées par leurs rendement ou par leurs bourdes, d’autres n’ont pas vu les projecteurs se focaliser sur elles et sont passés inaperçues, mais toujours est il que nous avons pu avoir deux mandats avec une présence féminine dont la compétence est tout à fait comparable à celle des hommes dans les succès et dans les dérapages. L’opinion publique ne fait plus de différence entre les ministres hommes ou les ministres femmes quant à la virulence des critiques ou des reproches, ce qui est un gain substantiel pour les femmes, car c’est une certification que la bataille de l’image femme gouvernante est déjà gagné.
Ceci dit, la bataille de l’image n’est pas la seule bataille à mener, le vrai défi c’est d’accéder à une parité représentative de la présence de la femme dans la société marocaine. Et si cette parité est de plus en plus visible dans les secteurs professionnels et associatifs, elle est quasi inexistante dans le volet politique. Et la comparaison entre la présence féminine dans les trois secteurs fait ressortir la raison évidente pour laquelle cette parité est inaccécible dans le politique. Il s’agit tout simplement d’un problème de nombre, les femmes qui s’adonnent à la politique se comptent sur les bouts des doigts, le choix de ministrables parmi un éventail aussi serré devient un exercice très ardu. Il suffit d’essayer de proposer quatre femmes pour le gouvernement, une de chaque parti, pour se rendre compte de la difficulté de l’exercice.
Un élément de l’explication revient au fait que la politique est un terrain d’affrontement, et de compétition ou pour émerger, il faudrait être maitre de l’esquive, de la manipulation, parfois de la trahison ou même de la résurrection. Les femmes se sentant mal dans des rôles aussi machiavélique ont plus de mal à résister en politique que les hommes qui sont capables en cas de changement d’objectifs de virer à 180°c sans la moindre culpabilité. L’autre élément revient à l’oisiveté politique qu’a entrainée le système de quota, les femmes qui sont d’un certain calibre exigent une promesse d’être placées en pole position de la liste nationale avant d’opter pour un parti ou un autre, et même les femmes leaders dans certains partis et qui ont un charisme reconnu et une certaine popularité rechignent de se présenter dans des circonscriptions pour mener des batailles électorales et se contentent d’être incrusté dans la liste nationale. Dans ce cas le quota ne joue plus son rôle de tremplin politique et devient la fenêtre d’où revient celle qui est sorti par la porte.
Je crois que les femmes ont la responsabilité morale d’investir le champ politique plus massivement et d’imposer leurs compétences via une large assise populaire féminine. Pour faire taire les machos, elles doivent beaucoup plus militer au sein des partis, diriger des commissions, se présenter aux élections locales, puis législatives au lieu de demander à ce qu’on leur octroie des postes par compassion à l’appareil génital qui nous a fait naitre. Cette insulte à la compétence de la femme qu’est le quota, si nécessaire soit elle, ne doit plus être une finalité et un objectif en soi, mais juste un outil sur une période déterminée pour assurer une présence féminine au parlement en cas d’échec de celles qui se présentent dans des circonscriptions. Et pour permettre une cooptation de femmes tète de listes sur les candidatures, il faut plus de femmes dans les instances dirigeantes des partis et des bureaux politiques, et pour cela, il faut plus de femmes lors des congrès nationaux pour voter et pour militer. La femme doit être la fervente défenseuse de la méritocratie, car sur ce critère, et avec la compétence dont elle fait preuve, elle peut briguer tous les postes qui existent
Alors engagez vous mesdames et mesdemoiselles politiquement, marquez la politique dans ce pays par vos actions et votre présence et non seulement par vos revendications. Prouvez votre valeur politique comme vous l’avez fait professionnellement on nul ne peut nier la compétence, le dynamisme, le génie et la rigueur que vous avez insufflé. Nous avons tellement besoin de votre présence, de votre abnégation et de votre touche féminine pour moraliser et adoucir, peut être même, idéaliser cette vie politique, laissez nous rêver d’une femme chef du gouvernement d’ici 10 ou 15 ans. Mais surtout, n’attendez pas qu’on vous donne, un droit, ça s’arrache, alors arrachez vos droits.

